Les ouvrages à profusion sur l’éducation bienveillante envahissent la toile numérique et les librairies. De nombreuses approches ont fleuri ces dix dernières années : communication non violente, éducation positive, discipline positive… Tout un arsenal éducatif déployé pour protéger cet être vulnérable et dépendant qu’est l’enfant.
Mais au juste, de quoi s’agit-il exactement ? Comment faire pour discipliner l’enfant, si les claques, les punitions, les fessées et la mise au coin ne sont plus au goût du jour ?
Bousculante, dérangeante et exigeante, cette nouvelle façon d’appréhender l’enfant s’appuie notamment sur les dernières recherches scientifiques en neurosciences, qui ne démentent pas les résultats positifs d’une éducation fondée sur la bientraitance. En effet, sur le long terme, l’éducation bienveillante développe chez les enfants des compétences psycho-sociales essentielles à leur bon développement (estime de soi, confiance en soi, coopération et sens des responsabilités).
Mais à force de trop vouloir s’informer, se former, lire et remettre en question l’éducation traditionnelle, comment ne pas perdre le fil avec tous ces conseils et ces injonctions, qui parfois culpabilisent les faux pas vers lesquels nous glissons si facilement ? Quels sont les principes simples et fondamentaux à garder en tête pour une éducation libre, joyeuse et bienheureuse ?

  1. La libre expression des émotions 

Révolu le temps où il fallait se cacher pour sécher ses larmes en cas de tristesse ou dévoiler sa colère en public.Dorénavant, les émotions ont leur place. Lorsque notre cher chérubin explose de colère, celles-ci sont désormais accueillies par le professionnel.
Une fois évacuée, car bien heureusement l’émotion de colère est passagère, l’adulte accompagne l’enfant en verbalisant l’émotion, en mettant des mots simples : « oui, tu es en colère ». Cette façon de procéder permet d’évacuer, d’apaiser et d’apprivoiser les sentiments difficiles en l’accompagnant avec des mots et une attitude rassurante qui, sur le long terme, permettra à l’enfant de mieux gérer ses débordements émotionnels.

  1. Rechercher la coopération, plutôt que la confrontation 

Nouvelle lecture des comportements dérangeants et inappropriés, alors qu’il était si facile de faire porter jadis le bonnet d’âne à tout enfant qui refuse d’obéir, s’oppose et se rebelle. Dorénavant, avec l’éducation bienveillante, le professionnel qui accompagne l’enfant se questionne et recherche les causes d’un comportement inapproprié, plutôt que de les condamner. En effet, un comportement inapproprié est l’expression d’un besoin fondamental inassouvi : l’enfant a-t-il faim ? Manque-t-il de marques d’attention ? De sécurité ? D’un environnement stimulant ?
Voici l’avocat du diable qui se transforme en véritable détective qui recherche à tout prix la coopération plutôt que la confrontation.
« Le fait de remplacer les injonctions par de la coopération, les cris par un dialogue, les punitions par la réparation de la bêtise, contribue à réduire les conflits, à apaiser le quotidien. Il y a moins de jeux de pouvoirs et du coup, l’enfant a un comportement moins transgressif », affirme Isabelle Filliozat, grande figure française de l’éducation bienveillante.

 

  1. Le cercle vertueux de l’éducation bienveillante 

Catherine GUEGUEN, chercheur en neurosciences affectives et sociales parle de l’immaturité biologique du cerveau du jeune enfant. Jusqu’à l’âge de cinq ans prédomine le cerveau archaïque et émotionnel chez le jeune enfant. Le cerveau rationnel commence sa maturité à partir de l’âge de 5 ans et son développement s’accélère si l’enfant est immergé dans un contexte bienveillant.
Que va permettre le cerveau rationnel ?
Le cerveau rationnel permet à l’enfant de réguler ses émotions, de faire des choix et de faire preuve d’empathie.
Peut-on parler alors de caprice ou manipulation lorsque le jeune enfant vit un débordement émotionnel ou une grosse crise de colère ?
Le jeune enfant, du fait de l’immaturité de son cerveau, n’est pas capable de réguler seul ses émotions. On peut aisément comprendre alors que l’enfant n’est pas « méchant, capricieux ou difficile » mais son cerveau archaïque et émotionnel ne lui permet pas de réguler seul ses colères, crises ou comportements inappropriés.
Le cercle vertueux d’un environnement bienveillant et empathique :
Les enfants ont besoin d’être accueillis et rassurés. Le contexte d’accueil bienveillant permet à l’enfant de déclencher l’hormone essentielle du bien-être : l’ocytocine. Stimuler cette hormone du bien-être favorise le lien aux autres, la sécurité intérieure, la régulation des émotions. L’accompagnement bienveillant de l’enfant ; et si on avait tout à y gagner…

Djahida TANEM

Formatrice Petite Enfance, éducation et créatrice Cabinet Nouvel Horizon